Diagnostic
Sauf circonstances évidentes à reconnaître, telles qu'une déshydratation sévère ou des brûlures étendues, l'hématocrite au-dessus de 55 % signe l'existence d'une polyglobulie vraie, et ne peut être expliqué par une hémoconcentration chronique [7]. En revanche, il n'y a guère de parallélisme entre le taux d'hématocrite (ou d'hémoglobine) et le volume érythrocytaire total pour des valeurs d'hématocrite comprises entre 50 et 55 %. Dans cette fourchette, on ne peut donc définir (ou exclure) une polyglobulie sur les seules valeurs de l'hémogramme sans avoir recours à la mesure isotopique des volumes sanguin (normalement 65 à 70 ml/kg) et érythrocytaire (normalement 28-35 ml/kg selon le sexe).
Si l'augmentation de l'hématocrite est associée à la présence d'hématies microcytaires, il y a lieu d'envisager plusieurs possibilités : non pas tant les formes mineures de thalassémie avec « pseudo-polyglobulie », qui se traduisent par une augmentation du nombre des hématies, mais ni de l'hématocrite, ni du taux d'hémoglobine (ces patients sont généralement anémiques). En revanche, une spoliation sanguine chronique chez un sujet atteint de polyglobulie vraie peut engendrer un aspect similaire. Le diagnostic est facile à évoquer si la spoliation résulte de saignées thérapeutiques : la microcytose se constitue en plusieurs mois, lorsque les saignées ont provoqué un épuisement des réserves en fer, et cet état doit être respecté puisqu'il crée les conditions de l'efficacité des saignées....
