Les anémies par carence en fer représentent plus du tiers des cas d'anémie. On estime que près de deux milliard d'individus vivent dans le monde avec un déficit martial plus ou moins profond [31]. La fréquence de l'anémie hypochrome hyposidérémique dépend de facteurs individuels conditionnant les besoins en fer (croissance, flux menstruels, grossesses, maladies associées), de facteurs collectifs conditionnant la couverture des besoins (apports nutritionnels) et de facteurs géographiques conditionnant l'épidémiologie de certaines affections comme l'ankylostomiase [8]. Dans des populations à faible niveau de vie, ces facteurs se cumulent : alimentation pauvre en viandes, en vitamine C, riche en fibres végétales, forte incidence de parasitoses digestives hématophages, natalité élevée : une enquête de l'OMS montre que 80 % des habitants des milieux ruraux du nord de l'Inde ont une anémie microcytaire [1], [11], [23].
Dans les pays à haut niveau de vie, le déficit martial est important en dépit du bon niveau nutritionnel et de médicalisation : 17 % des femmes suédoises et 6 à 20 % des femmes aux États-Unis ont des réserves martiales nulles et la moitié d'entre elles a une anémie hypochrome hyposidérémique [31]. La prépondérance féminine s'explique par les besoins supérieurs liés aux phénomènes menstruels et aux grossesses. Les mêmes études confirment la rareté de cette carence chez l'homme....
