Physiopathologie de la maladie coronaire
Simon Weber et Karim Wahbi
Pour faire face à la grande variabilité des besoins énergétiques du myocarde, qui peuvent être multipliés par cinq en quelques secondes lors de l'effort et du stress, la circulation artérielle coronaire doit être particulièrement performante et réactive. Pour des raisons imparfaitement élucidées pour l'instant, cette circulation coronaire est le territoire de prédilection de localisation de la maladie athéromateuse. Une bonne compréhension de la physiologie de la circulation coronaire ainsi que des processus de formation et d'évolution des plaques d'athérome dont elle est souvent porteuse, permet de comprendre les symptômes, les méthodes d'explorations, les événements cliniques et enfin, les moyens thérapeutiques à utiliser dans les diverses formes cliniques de la maladie athéromateuse coronaire.
Cahier des charges de la circulation coronaire
Faire face à la variabilité de la consommation en oxygène du myocarde
Le muscle strié myocardique, pour faire face à son activité contractile permanente, 24 heures/24, très variable d'un moment à l'autre, est fortement consommateur d'oxygène et d'énergie. Seules, en effet, la glycolyse et la lipolyse aérobie, au niveau mitochondrial, produisent suffisamment d'adénosine triphosphate (ATP) pour permettre une activité musculaire efficace. Contrairement aux autres muscles striés, le myocarde est totalement dénué de réserve énergétique. Il n'y a pas de glycogène, ni d'autre forme de stockage de l'ATP....
