Partie II : Insuffisance aortique
Christophe Tribouilloy et Dorothée Malaquin
L'insuffisance aortique correspond à un défaut de coaptation des sigmoïdes aortiques en diastole à l'origine d'un reflux anormal de sang de l'aorte ascendante vers le ventricule gauche. Les principales causes d'insuffisance aortique dans les pays industrialisés sont les maladies touchant le tissu valvulaire aortique et/ou la géométrie de la racine aortique, les anomalies congénitales, notamment la bicuspidie aortique représentant la deuxième étiologie d'insuffisance aortique. Dans les pays en voie de développement, le rhumatisme articulaire aigu reste la principale cause.
Physiopathologie
L'importance de l'insuffisance aortique augmente avec la taille de la déhiscence valvulaire, la différence des pressions diastoliques entre l'aorte et le ventricule gauche et la durée de la diastole [50].
L'insuffisance aortique chronique entraîne une surcharge volumétrique diastolique à l'origine d'une dilatation progressive du ventricule gauche et d'une augmentation du volume d'éjection systolique. L'augmentation du travail cardiaque entraîne une hypertrophie ventriculaire gauche. La fraction d'éjection est longtemps conservée grâce à l'hypertrophie-dilatation du ventricule gauche qui normalise les contraintes diastoliques. Après plusieurs années d'évolution, survient une diminution de la fraction d'éjection, puis de la contractilité avec élévation de la pression télédiastolique, augmentation des diamètres du ventricule gauche et insuffisance ventriculaire gauche....
