Partie I : Rétrécissement aortique calcifié
Jean-Luc Monin
Le rétrécissement aortique calcifié (RAC) est actuellement la maladie valvulaire acquise la plus fréquente dans les pays industrialisés d'Europe et du continent nord-américain [22]. Du fait de la quasi-disparition des valvulopathies rhumatismales dans ces pays, le RAC d'origine « dégénérative » et la bicuspidie se partagent plus de 90 % des étiologies [36]. Compte tenu du vieillissement progressif des populations, il est probable que la prévalence de cette maladie continuera d'augmenter au cours des prochaines décennies. La prise en charge des patients porteurs d'un RAC sévère occupe donc actuellement une place prépondérante dans l'activité des équipes médicochirurgicales de cardiologie. Après l'interrogatoire et l'examen clinique, l'échocardiographie-Doppler cardiaque reste la pierre angulaire de l'évaluation d'un RAC, permettant l'évaluation du degré de calcification valvulaire, le calcul de la surface aortique et du gradient de pression transvalvulaire ainsi que l'évaluation du retentissement ventriculaire gauche et des lésions associées. La mise en évidence d'un RAC sévère symptomatique est une indication consensuelle de remplacement valvulaire aortique chirurgical ou par cathétérisme (TAVI) [48]. Au stade asymptomatique, un certain nombre de paramètres de stratification du risque (hémodynamiques, radiologiques et hormonaux) sont actuellement en cours d'évaluation, l'indication opératoire restant encore débattue....
