Partie V : Valvulopathies tricuspides
Nicolas Mansencal, Valérie Siam-Tsieu et Olivier Dubourg
Les valvulopathies tricuspides ont été pendant longtemps méconnues et les médecins se sont essentiellement concentrés sur les valvulopathies gauches. Cependant, ces dernières années, de nombreuses études ont permis de prendre conscience que les valvulopathies droites ne doivent pas être négligées car elles nécessitent une prise en charge adaptée et elles peuvent avoir un impact pronostique.
Généralités
La quasi-totalité des valvulopathies tricuspides est représentée par l'insuffisance tricuspide. Le rétrécissement tricuspidien est quant à lui exceptionnel et il est souvent associé à d'autres valvulopathies. L'insuffisance tricuspide est une anomalie relativement fréquente, souvent asymptomatique et non détectée à l'examen physique. L'échocardiographie permet alors de faire le diagnostic d'insuffisance tricuspide. Cependant, la majorité de la population présente une fuite tricuspide minime physiologique, et lors de la réalisation d'une échocardiographie transthoracique, le diagnostic de fuite « triviale » est posé, et sa présence permet de calculer la pression artérielle pulmonaire systolique.
Physiopathologie
L'insuffisance tricuspide est caractérisée par le reflux du sang dans l'oreillette droite pendant la systole. Cette dernière est relativement compliante, permettant ainsi de tolérer des fuites significatives sans retentissement hémodynamique....
