La grossesse s'accompagne de modifications hémodynamiques importantes qui peuvent décompenser une cardiopathie pré-existante, même bien tolérée antérieurement. Les cardiopathies rencontrées durant la grossesse sont rares, mais potentiellement graves. Le risque maternel et fœtal est très hétérogène, ce qui nécessite une analyse individuelle en fonction de la cardiopathie et de sa tolérance.
Épidémiologie
Dans les pays occidentaux, les grossesses associées à une cardiopathie structurelle sont rares, représentant moins de 4 % de toutes les grossesses. Elles sont toutefois l’une des deux premières causes de mortalité maternelle en France durant la grossesse, représentant 14% des causes directes de décès [6]. La part des différentes cardiopathies est précisée dans le registre européen ROPAC comprenant 5 739 grossesses dans 53 pays chez des patientes présentant une cardiopathie structurelle ou ischémique (Figure S05-P03-C10-1) [7]. Comme dans les séries nord-américaines, les cardiopathies les plus fréquemment rencontrées durant la grossesse sont les cardiopathies congénitales, ce qui est la conséquence des progrès effectués dans leur diagnostic et leur prise en charge. La seconde étiologie est constituée par les cardiopathies valvulaires. Même dans les pays occidentaux, il s'agit encore en majorité de valvulopathies rhumatismales qui sont plus souvent dues aux mouvements migratoires qu'à des cas auto-chtones en raison de la diminution de l'incidence du rhumatisme articulaire aigu....
