Le phénomène de Raynaud est un acrosyndrome paroxystique vasculaire caractérisé par des vasospasmes itératifs et transitoires des extrémités [5]. Historiquement, ce symptôme fut décrit pour la première fois en 1892 dans la thèse du Docteur Maurice Raynaud. Son incidence varie de 5 à 10 % et il existe une prédominance féminine avec un sex-ratio de trois femmes atteintes pour un homme. On différencie le phénomène de Raynaud des autres acrosyndromes vasculaires avant de lui rechercher une étiologie. Lorsqu'il est idiopathique et non évolutif, il s'agit de la maladie de Raynaud. Le traitement symptomatique associe des règles de prévention des crises et, si nécessaire, un traitement médicamenteux. L'objectif de la prise en charge est de limiter le handicap fonctionnel en diminuant la fréquence des crises et en limitant la douleur liée au vasospasme.
Physiopathologie
La physiopathologie du phénomène de Raynaud comporte des mécanismes exagérés de vasoconstriction des artères, des artérioles précapillaires et des shunts artérioveineux digitaux [2]. La thermorégulation des doigts, des orteils, du nez ou des oreilles est assurée par une densité élevée d'anastomoses artérioveineuses qui se ferment lors d'une exposition au froid et se dilatent lorsque les températures s'élèvent. Cette vasoconstriction est sous la dépendance du système nerveux sympathique....
