Définition et pronostic
Le syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA) a été décrit pour la première fois en 1967 comme un syndrome clinicoradiologique associant une tachypnée, une cyanose réfractaire à l'oxygénothérapie, une baisse de la compliance pulmonaire et une infiltration diffuse sur le cliché thoracique. Une définition consensuelle américano-européenne a été adoptée en 1994 par l'AECC (American-European Consensus Conference). Celle-ci définissait le SDRA comme l'association d'un rapport PaO2/FiO2 inférieur ou égal à 200 mmHg avec des opacités bilatérales sur la radiographie du thorax ainsi que l'absence d'hyperpression auriculaire gauche (fondée sur une mesure de la pression artérielle pulmonaire d'occlusion). L'acute lung injury (ALI) regroupait, quant à lui, les SDRA dont le rapport PaO2/FiO2 était inférieur à 300 mmHg. Cette définition, bien qu'ayant servi à mettre au point toutes les études physiopathologiques, épidémiologiques et interventionnelles de ces vingt dernières années, présentait néanmoins un certain nombre de limites. En effet, les valeurs seuils de PaO2/FiO2 ne tenaient pas compte des réglages du ventilateur, le critère radiologique était peu fiable et il était souvent difficile d'exclure un œdème pulmonaire cardiogénique. Cela a conduit à la révision récente de cette définition lors du congrès de l'European Society of Intensive Care (ESICM) à Berlin en 2012 [2]....
