Indépendamment de la cause et du mécanisme, l'arrêt cardiaque est habituellement défini par l'interruption, en général brutale, de toute activité mécanique efficace du cœur. En l'absence d'une reprise rapide d'une activité circulatoire efficace, des lésions cellulaires irréversibles apparaissent habituellement en quelques minutes dans les tissus les plus sensibles à l'hypoxie, tout particulièrement au niveau myocardique et cérébral. La prise en charge de l'arrêt cardiaque est parfaitement codifiée, et elle fait l'objet de recommandations périodiquement réévaluées par des instances scientifiques nationales et internationales [18], [19]. Seules les considérations communes à la prise en charge de l'arrêt cardiaque de l'adulte seront exposées dans ce chapitre, à l'exclusion des situations particulières en raison de l'étiologie (noyade, traumatisme, intoxications…) ou du terrain (femme enceinte, enfant…).
Données épidémiologiques
En l'absence de registre national français des arrêts cardiaques, seule l'analyse des données issues de registres régionaux permet d'évaluer le nombre annuel de morts subites, qui atteindrait environ 40 000 cas par an, soit environ 10 % de la totalité des décès [3]. Le taux annuel d'incidence brut des arrêts cardiaques extrahospitaliers s'élèverait ainsi à 55 pour 100 000, un chiffre assez proche de celui observé dans la plupart des autres pays industrialisés....
