L'incidence des cancers n'a fait qu'augmenter durant les dernières décennies. En 2012, en France, elle s'élevait à 363 cas pour 100 000 chez l'homme et 252 cas pour 100 000 chez la femme (données de l'Institut national du cancer [INCa]). À l'inverse, la mortalité liée aux cancers décroît régulièrement au fils des ans (134 pour 100 000 chez l'homme, 73 pour 100 000 chez la femme en 2012 en France, données INCa). Aux États-Unis, la mortalité liée aux cancers a diminué de 20 % entre 1991 et 2010 [25]. Les progrès en recherche, dans le dépistage et le développement de thérapies ciblées ont contribué à l'amélioration de la survie et de la qualité de vie des patients atteints de cancer [25]. Ce gain de survie se fait parfois au prix d'une toxicité accrue des chimiothérapies, tant sur le plan infectieux, que sur le risque d'insuffisances rénale, cardiaque ou respiratoire. Par conséquent, les patients d'oncohématologie sont plus souvent admis en réanimation [39]. Les défaillances d'organe justifiant la prise en charge réanimatoire et nécessitant le recours aux traitements intensifs peuvent être liées à la tumeur sous-jacente, à son traitement ou à une complication infectieuse intercurrente. En raison du vieillissement des patients atteints de cancer, le transfert en réanimation peut aussi être en rapport avec la décompensation d'une comorbidité [4]....
