La nutrition artificielle, ou « support nutritionnel », est la modalité thérapeutique la plus fréquemment utilisée en réanimation. En effet, la grande majorité des patients sont dans l'incapacité de se nourrir par voie orale et présentent ou sont à très haut risque de présenter un état de dénutrition. Il est de plus clairement établi qu'un apport nutritionnel hypocalorique ou hypoprotéinique est source de complications, en particulier infectieuses, d'allongements des durées de séjour et probablement d'une surmortalité. Administrée à des patients anorectiques, incapables de réguler leurs apports nutritionnels, la nutrition artificielle peut aussi être source de complications qui peuvent contrarier son administration. La nutrition artificielle doit par conséquent faire l'objet de prescriptions et de modalités d'administration rigoureuses tenant compte d'évaluations répétées des bénéfices et risques éventuels inhérents à la situation du patient. La nutrition par voie parentérale a été la première disponible et est utilisée depuis les années 1960. Depuis cette époque, la pratique de la nutrition artificielle a été révolutionnée et simplifiée par l'apparition et l'utilisation désormais généralisée de solutions « prêtes à l'emploi » destinées à la voie entérale. La nutrition parentérale a aussi été largement simplifiée par l'apparition des solutions dites ternaires associant lipides, glucides et protéines dans un même contenant....
