En réanimation, la survie du patient à la phase aiguë a longtemps été le seul critère de jugement de la qualité des soins et l'objectif principal de la plupart des travaux de recherche clinique conduits dans ces unités. Ainsi, grâce aux progrès scientifiques, médicaux et techniques, la mortalité en réanimation et la mortalité hospitalière au décours ont-elles effectivement diminué, notamment dans les pathologies graves que sont le sepsis sévère [50] et le syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA) [69]. Parallèlement, du fait d'une augmentation du nombre d'admissions en réanimation, le nombre de survivants à la réanimation croît régulièrement [43]. Ce n'est que récemment que la survie à long terme et le devenir des survivants à la réanimation ont émergé comme champs d'investigation et axes potentiels d'améliorations des soins. Il est en effet désormais bien établi que les patients hospitalisés en réanimation souffrent de séquelles variées [22], [25], [57], touchant les sphères physiques, cognitives et psychiatriques, et impactant largement la qualité de vie après la réanimation. Pour autant, il existe encore peu de données consensuelles et systématiques sur le suivi et la prise en charge de ces malades sortant de réanimation, et encore moins concernant l'intérêt et l'organisation de filières de suivi au décours....
