Environ 10 % des patients admis en réanimation nécessitent une épuration extrarénale (EER) soit du fait d'une défaillance rénale aiguë persistante malgré le traitement symptomatique, soit du fait d'une insuffisance rénale chronique terminale préexistante à l'épisode aigu ayant motivé la prise en charge en réanimation. Les techniques d'EER utilisées en réanimation partagent beaucoup de similarités avec les méthodes pratiquées chez les patients dialysés chroniques. Cependant, en raison de la gravité et du caractère réversible de la défaillance rénale, les objectifs et les techniques d'EER utilisées chez les patients traités en chronique ne sont pas directement transposables aux patients de réanimation. Qu'un patient admis en réanimation souffre d'une défaillance rénale aiguë ou chronique, celle-ci s'intègre dans un syndrome de défaillances multiviscérales au premier plan duquel on trouve l'instabilité hémodynamique. Même si les techniques d'EER ont été optimisées pour être adaptées aux patients les plus instables, elles restent des techniques invasives pouvant déstabiliser l'état précaire de ces patients. L'âge élevé et les comorbidités cardiovasculaires fréquentes des patients pris en charge en réanimation compromettent d'autant plus la tolérance aux techniques lourdes d'EER. L'indication de l'EER en réanimation doit donc être fondée sur une évaluation fine du rapport entre les bénéfices et les risques de ces techniques....
