La biologie tumorale a été traversée par les progrès des techniques. Ceux-ci ont rythmé l'évolution des concepts théoriques sur la pathologie maligne, son mécanisme et son démembrement en entités distinctes. Microscope optique puis biologie moléculaire et désormais séquençage à haut débit ont conduit à définir les cancers d'abord à l'échelon cellulaire et anatomopathologique puis actuellement en identifiant des mutations de gènes. On a donc successivement parlé de cancer du poumon, puis isolé les adénocarcinomes pulmonaires (par le microscope optique) puis identifié parmi eux des adénocarcinomes pulmonaires avec mutation activatrice oncogénique du gène du récepteur de l'epidermal growth factor (EGF) par biologie moléculaire (PCR) et nous nous acheminons vers une analyse d'anomalies génétiques somatiques concomitantes par le séquençage à haut débit, ouvrant la voie à un antitumorogramme individualisé (cancer du poumon EGF-R+, kras+, Her2–, Alk–, etc.), sur le modèle de l'antibiogramme en infectiologie.
Les caractéristiques communes des cancers regroupent plusieurs compétences cellulaires spécifiques acquises en plusieurs étapes au cours de l'oncogenèse. L'ensemble de ces caractéristiques permettent d'envisager de manière rationnelle la complexité de la pathologie maligne. Ces caractéristiques comprennent la prolifération cellulaire incontrôlée, la levée des mécanismes de suppression de croissance, la résistance à la mort cellulaire, permettant une réplication infinie. Elles incluent aussi la néo-angiogenèse et le développement de métastases....
