L'amélioration du confort mais aussi de la sécurité des patients opérés passe par une prise en charge efficace de la douleur post-opératoire. L'analgésie après un acte chirurgical s'est sensiblement améliorée depuis plusieurs années, grâce notamment aux actions de corrections menées à la suite des résultats d'enquêtes de satisfaction dès les années 1990. Nous débuterons ce chapitre par un état des lieux de la prise en charge de la douleur post-opératoire à partir des résultats d'un audit national récent, en les comparant aux objectifs de l'analgésie post-opératoire en 2013. Nous détaillerons les aspects d'organisation et de démarche d'amélioration de la qualité. Enfin, nous aborderons la pharmacologie des analgésiques, la stratégie adaptée selon le terrain du patient et le type de chirurgie.
État des lieux en 2010
Une enquête nationale française a permis de faire un état des lieux publié en 2008 [6]. Cette enquête soutenue par la Société française d'anesthésie et de réanimation (SFAR) a porté sur 1 900 patients évalués dans 76 établissements, constituant ainsi un échantillon représentatif de la prise en charge des patients chirurgicaux en France. Cet audit national français a permis d'observer une appropriation de la notion d'évaluation de la douleur post-opératoire (évaluation écrite de la douleur dans plus de 90 % des cas), une utilisation élargie des opioïdes (fréquence d'utilisation de l'analgésie morphinique autocontrôlée par le patient 10 fois plus élevée en 10 ans) et des associations analgésiques....
