La colonisation bactérienne chronique du grêle (CBCG) est définie par une modification quantitative et qualitative de la population bactérienne dans l'intestin grêle.
Physiopathologie
Intestin grêle normal
Le tube digestif normal héberge 1014 bactéries [5]. La partie proximale de l'intestin grêle est relativement pauvre en bactéries, n'excédant pas 104 bactéries/ml. Il s'agit d'une flore de passage, constituée principalement de bactéries de la flore oropharyngée commensale, avec peu de bactéries anaérobies. Les concentrations bactériennes augmentent selon un gradient orofécal de 104 bactéries/ml dans l'intestin grêle proximal, jusqu'à près de 107 à 108 bactéries/ml dans l'iléon terminal où il s'agit d'une flore résidente, proche de la flore bactérienne colique, avec une augmentation nette de la concentration en bactéries anaérobies strictes.
Plusieurs éléments régulent la population bactérienne intestinale : le péristaltisme intestinal avec notamment les phases III du complexe moteur migrant, le pH gastrique et grêlique, les sels biliaires, l'immunité locale intestinale, les interactions bactériennes, le mucus [11].
Colonisation bactérienne de l'intestin grêle
La colonisation bactérienne chronique du grêle est définie par la présence de plus de 105 bactéries/ml de liquide au niveau de l'intestin grêle proximal avec un minimum de 103 anaérobies strictes/ml. Il s'agit d'une flore bactérienne mixte, entre les flores oropharyngées et coliques [2]....
