Les troubles anxieux sont les pathologies psychiatriques les plus répandues, et tout médecin peut les rencontrer dans sa pratique quotidienne, dans des contextes cliniques très variés : telle malade ne pouvant passer une IRM à cause d'une claustrophobie insurmontable, tel autre ayant développé une cirrhose hépatique liée à un alcoolisme secondaire à une phobie sociale non diagnostiquée, ou encore tel patient souffrant d'attaques de panique qui multiplie les demandes d'examens cardiologiques tous normaux. Environ 10 à 15 % de la population générale souffre ou a souffert dans sa vie d'une pathologie anxieuse caractérisée. Ces pathologies apparaissent le plus souvent tôt dans la vie, dans l'enfance, l'adolescence ou avant 30 ans, et peuvent perdurer sur des années, voire des décennies. Leur sévérité est variable selon les cas, avec des formes relativement légères ne perturbant que très peu le fonctionnement des sujets ; d'autres peuvent être fortement invalidantes, limitant par exemple les déplacements, les contacts sociaux ou certaines capacités professionnelles.
En plus de ce retentissement personnel et fonctionnel qui peut être important, les troubles anxieux sont associés à des complications évolutives qui en font la gravité à long terme. Dans toutes les formes sévères, deux risques sont clairement identifiés : la survenue d'épisodes dépressifs, chez environ un patient sur deux, et le développement de conduites addictives, notamment à l'alcool ou aux médicaments tranquillisants....
