Les troubles de la pigmentation (dyschromies) témoignent parfois d'une altération ou d'un dysfonctionnement isolé du système pigmentaire cutané ; ils déterminent alors des lésions que seul un changement de teinte distingue de la peau normale [4]. Mais ils surviennent plus souvent encore au cours ou au décours d'états pathologiques impliquant d'autres structures et fonctions cutanées ; il n'est pas rare, dans de telles situations, que le trouble pigmentaire apparaisse comme un épiphénomène au plan étiopathogénique, tout en occupant le devant de la scène clinique. C'est pourquoi la démarche diagnostique, devant une dyschromie, vise d'abord à déterminer s'il existe d'autres anomalies cutanées associées, même très discrètes, telles qu'une infiltration, une atrophie, des squames, etc. Leur présence peut orienter le diagnostic vers une affection qui n'est habituellement pas classée parmi les troubles pigmentaires. Nous avons effectué le choix arbitraire parmi ces affections susceptibles de comporter une part significative de dyschromie [5], [8] ; toutes les traiter reviendrait à passer en revue la quasi-totalité de la pathologie cutanée.
Il est impossible d'aborder la pathologie pigmentaire en faisant abstraction de la diversité pigmentaire humaine physiologique. La dermatologie s'est développée avec l'étude des peaux claires dans le monde européen du XIXe siècle et du début du XXe ; elle ne doit plus s'y cantonner aujourd'hui....
