Dès lors qu'il est amené à examiner un patient, le médecin est quotidiennement confronté aux tumeurs cutanées. Savoir les nommer précisément n'est pas forcément indispensable ; ce qui l'est, c'est savoir distinguer les tumeurs cutanées bénignes des cancers.
L'examen clinique est souvent la base de la reconnaissance de ces tumeurs, et, avant toute chose, l'interrogatoire. Une lésion ancienne, inchangée dans le temps, a toutes les chances d'être bénigne, tandis qu'une lésion évolutive est possiblement maligne. Mais l'interrogatoire est insuffisant à lui seul, certains patients minimisant, parfois volontairement, le caractère évolutif d'une tumeur, et certaines tumeurs malignes n'étant que très lentement évolutives. Ce sont les données de l'examen physique qui permettront d'orienter le diagnostic vers la bénignité plutôt que la malignité (Tableau S19-P02-C01-I). Ainsi une tumeur monochrome, non ulcérée, symétrique, bien limitée, est-elle le plus souvent bénigne, tandis qu'une tumeur polychrome, ulcérée, saignant au moindre contact doit être considérée comme maligne.
Tableau S19-P02-C01-I Critères cliniques d'orientation vers une tumeur bénigne ou maligne.
Tumeur bénigne | Tumeur maligne | |
|---|---|---|
Ancienneté | Ancienne, inchangée | Récente, acquise Ancienne, mais récemment modifiée |
Évolutivité | Aucune | Constante |
Couleur | Monochrome | Polychrome |
Limites | Nettes, symétriques | Floues, irrégulières |
Surface | Lisse | Ulcérée |
| Remarque : aucun de ces critères n'est à lui seul absolu. Il existe en particulier des mélanomes monochromes non pigmentés agressifs.... | ||
