Les toxidermies regroupent l'ensemble des manifestations cutanées consécutives à une prise médicamenteuse. Parmi les effets indésirables des médicaments, la peau est l'organe cible le plus fréquemment touché [6]. Selon l'Organisation mondiale de la santé, 2 % des toxidermies sont considérées comme sévères, définies par la mise en jeu du pronostic vital, la nécessité d'une hospitalisation et la possibilité de graves séquelles [7]. Les toxidermies sévères incluent la nécrolyse épidermique toxique (NET) ou syndrome de Lyell, le syndrome de Stevens-Johnson (SJS), le syndrome d'hypersensibilité médicamenteuse (DRESS pour drug reaction with eosinophilia and systemic symptoms), la pustulose exanthématique aiguë généralisée (PEAG), l'angiœdème et l'anaphylaxie. Les tableaux cliniques, ainsi que la physiopathologie des toxidermies sont hétérogènes, pouvant rendre le diagnostic difficile et induire ainsi un retard de prise en charge thérapeutique.
Toute éruption cutanée dans un contexte d'introduction récente d'un ou de plusieurs médicaments doit faire suspecter une toxidermie et doit conduire à l'arrêt du ou des médicament(s) imputable(s). Chaque clinicien doit savoir évoquer le diagnostic et rechercher les signes de gravité afin d'orienter au plus vite le patient dans un centre spécialisé.
Épidémiologie
Les toxidermies représentent approximativement 3 % des événements indésirables survenant au cours d'une hospitalisation....
