L'érythème polymorphe est une dermatose inflammatoire aiguë, autolimitée, décrite pour la première fois en 1860 par le dermatologiste autrichien Ferdinand von Hebra [5]. C'est une maladie caractérisée par l'apparition abrupte de papules erythémateuses fixes, souvent de distribution symétrique, dont certaines évoluent en lésions cibles (cocarde) typiques et/ou occasionellement atypiques [2], [3]. L'érythème polymorphe, souvent déclenché par une infection, particulièrement à virus herpès simplex (HSV), affecte de manière prédominante des adultes jeunes [1]. Son incidence exacte n'est pas connue. L'on distingue une forme mineure et une forme majeure, toutes deux présentant le même type de lésions élémentaires (cibles) mais se distinguant par la présence ou l'absence de lésions muqueuses et de symptômes systémiques (Tableau S19-P04-C03-I). Dans la majorité des cas, l'érythème polymorphe peut être distingué cliniquement du syndrome de Stevens-Johnson (SJS) et de la nécrolyse épidermique toxique (NET) (ou syndrome de Lyell) par le type de lésions élémentaires et leur distribution [1], [2], [3] ; la forme majeure de l'érythème polymorphe est considerée comme cliniquement et pathogéniquement distincte du syndrome de Stevens-Johnson [1].
Tableau S19-P04-C03-I Caractéristiques des formes majeure et mineure de l'érythème polymorphe....
