L'étymologie du terme anaphylaxie provient du grec ancien ana et phulaxis qui se traduit littéralement comme l'« anti-protection ». La première description expérimentale du choc anaphylactique remonte à 1902 par Richet et Portier qui expérimentaient l'immunisation des chiens avec des extraits d'actinie selon le principe de la vaccination alors récemment décrit. La deuxième injection d'une dose minime après un délai de trois semaines a abouti à un effet paradoxal entraînant la mort du chien en quelques minutes après l'administration : l'anaphylaxie, s'opposant à la prophylaxie recherchée était découverte.
Il n'existe pas de définition universellement admise de l'anaphylaxie. Cependant, il s'agit d'un syndrome d'hypersensibilité immédiate associant à des degrés divers une atteinte cutanéomuqueuse (urticaire, angio-œdème), digestive (douleurs abdominales, nausées, vomissements et diarrhée), respiratoire (dyspnée et bronchospasme), ORL (rhinite, angio-œdème laryngé et/ou pharyngé), ohptalmologique (conjonctivite) et hémodynamique (hypovolémie, tachycardie, collapsus, arrêt cardiorespiratoire). Le choc anaphylactique est la forme la plus grave des réactions d'hypersensibilité immédiate, car elle engage le pronostic vital du fait de l'atteinte cardiorespiratoire [46].
L'hypersensibilité se définit comme un ou plusieurs mécanismes moléculaires et/ou cellulaires pathologiques non nécessairement immunologique(s) aboutissant à des manifestations cliniques diverses et variées (Figure S20-P01-C01-1)....
