Le diabète a subi ces dernières décennies un démembrement nosographique considérable. La conception classique qui distinguait le diabète de type 1 auto-immun et le diabète de type 2, maladie de surcharge, auxquels il fallait ajouter quelques formes de diabète secondaire ou quelques syndromes rares a vécu. Cette maladie est devenue un véritable défi diagnostique non seulement pour les diabétologues mais aussi pour les internistes d'autant que le diabète peut s'intégrer dans des tableaux cliniques complexes débordant largement la sphère métabolique ou endocrinienne.
L'enquête étiologique à laquelle le praticien doit se soumettre en face de tout cas de diabète nécessite une approche progressive. Il doit d'abord s'interroger sur d'éventuels éléments de l'histoire clinique suggérant que la maladie pourrait ne pas être un classique diabète de type 1 ou de type 2 : un âge de survenu trop précoce ou trop tardif, une évolution trop rapide vers l'insulino-dépendance ou au contraire une rémission surprenante, un poids qui ne correspond pas au standard de la typologie du diabète ou un amaigrissement trop rapide et/ou persistant après la normalisation glycémique, une histoire familiale évocatrice d'un mode de transmission génétique particulier, des manifestations associées non attendues dans le diabète (on parle d'associations « illégitimes »), certaines incohérences comme l'absence d'auto-anticorps chez un patient au tableau clinique évocateur d'un diabète de type 1… Cette mise en éveil permettra au médecin d'envisager des examens complémentaires appropriés et orientés (imagerie, dosage...
