Le nombre de patients immunodéprimés est en constante augmentation, et ce en raison de multiples facteurs : développement de nouvelles molécules immunosuppressives et élargissement des indications, progrès réalisés en oncohématologie et dans le domaine de la transplantation permettant un allongement de la survie. Ces patients sont particulièrement à risque de développer des complications infectieuses. Au sein de ces complications infectieuses, les infections pulmonaires sont les plus fréquentes, et les plus graves, responsables de plus de 40 % de décès. De nombreux pathogènes peuvent en être responsables. Parallèlement, de nombreuses pneumopathies non infectieuses peuvent survenir dans ce contexte et coexister avec une étiologie infectieuse qui, dans tous les cas, doit être envisagée en premier lieu. Ainsi, la démarche diagnostique est particulièrement complexe et nécessite une approche rigoureuse, prenant en considération le profil d'immunosuppression, l'anamnèse, les éléments cliniques et radiologiques et les traitements anti-infectieux prophylactiques, préemptifs ou probabilistes reçus.
Profils d'immunodépression et risques infectieux
Les patients immunodéprimés non infectés par le virus de l'immunodéficience humaine (VIH) constituent une population très hétérogène en termes de profil d'immunodépression, selon la maladie sous-jacente et les traitements immunosuppresseurs reçus. Le risque infectieux dépend également de la durée et de la profondeur prévisible de la période d'immunosuppression....
