Plus de 800 médicaments sont susceptibles d'induire un effet indésirable pulmonaire. Si l'on prend en compte les procédures, les drogues illicites et différents autres toxiques, ce chiffre est bien plus important. Les effets sont variés et les tableaux radio-cliniques multiples ; ils peuvent concerner la commande centrale, les voies aériennes supérieures (exemple des angio-œdèmes induits par les inhibiteurs de l'enzyme de conversion, IEC) ou inférieures, le parenchyme, jusqu'à la plèvre et les vaisseaux pulmonaires (hypertension artérielle pulmonaire, HTAP, après prise d'anorexigènes). Dans un nombre significatif de cas, les effets iatrogènes pulmonaires peuvent mettre en jeu le pronostic vital et sont létaux dans au moins 3 % des cas ; il est donc indispensable de les connaitre afin de savoir les évoquer, de les chercher scrupuleusement lors de l'interrogatoire et de les prendre en charge rapidement.
Depuis le milieu du XXe et surtout depuis le début du XXIe siècle, nous sommes confrontés à une accélération incroyable des connaissances médicales et à l'apparition quasi-exponentielle de nouveaux traitements. La démarche, devant toute suspicion de pathologie iatrogénique, doit être rigoureuse quels que soient le médicament et la maladie sous-jacente. Cette démarche est la même pour tous les médicaments. Des traitements anciens déjà connus de longue date pour leur caractère pneumotoxique sont toujours prescrits et le niveau de connaissance des toxicités rencontrées doit toujours être maintenu ; c'est typiquement le cas avec l'amiodarone ou le méthotrexate....
