Causes « obscures » ou « discrètes » ?
La génétique ne peut tout expliquer
Malgré l'ancienneté de leurs descriptions, les mécanismes de certaines pathologies articulaires restent encore bien « obscurs » (ce qui ne veut pas dire que la pathogénie des polyarthrites rhumatoïdes et spondylarthrites soit parfaitement claire !). Tel est encore le cas pour les pseudo-polyarthrites rhizoméliques (PPR), la maladie de Still de l'adulte, et deux variétés de rhumatismes intermittents : le rhumatisme palindromique, et l'hydarthrose intermittente, qui seront traitées dans ce chapitre.
Les espoirs des années 1980-90 que l'étude des seuls gènes humains allait rendre la pathogénie des affections rhumatismales lumineuse n'ont pour l'instant pas été confortés. Les principales exceptions à ce sujet sont les syndromes auto-inflammatoires : l'identification des mutations des gènes de la pyrine (dans la fièvre méditerranéenne familiale) et de la cryopyrine (dans les syndromes de Muckle-Wells et CINCA) a en effet conduit à la découverte des inflammasomes. Cette découverte a éclairé la pathogénie d'un nombre croissant d'autres pathologies (syndrome PAPA, etc.) liées à des anomalies de gènes codant pour des molécules modulant le fonctionnement de l'inflammasome, et/ou de l'immunité innée en général. Cette avancée a été d'autant plus remarquable qu'elle s'est doublée de solutions thérapeutiques encore inespérées quelques années plus tôt, comme le blocage de l'interleukine-1 dans les cryopyrinopathies....
