Définitions
La goutte est liée à la présence de microcristaux d'urate monosodique (UMS) dans les articulations, qui résulte d'une hyperuricémie chronique, dépassant le point de saturation de ce sel [1]. L'hyperuricémie peut ainsi être définie par une concentration d'acide urique dans le plasma exposant à la goutte, c'est-à-dire supérieure à 360 micromoles/l [2]. La goutte se traduit initialement par des accès aigus ou crises de goutte, déclenchés par la chute de cristaux d'UMS dans le liquide articulaire. Si l'hyperuricémie n'est pas traitée à ce stade, les dépôts cristallins grossissent et infiltrent l'articulation, aboutissant à des arthropathies destructrices particulières, les arthropathies uratiques. À ce stade tardif, des dépôts d'urates sont aussi présents dans le tissu sous-cutané, appelés tophus. La présence de tophus palpables caractérise la goutte tophacée.
Critères
Des critères de classification de la goutte ont été récemment élaborés [3]. Ils apparaissent dans le Tableau S23-P02-C07-I.
Épidémiologie
Prévalence
La goutte est une maladie fréquente. En France, sa prévalence a été récemment estimée à 0,9 % dans la population adulte [4]. La prévalence de la maladie augmente avec l'âge. La goutte est plus fréquente chez l'homme ; les femmes sont surtout atteintes après la ménopause (les œstrogènes sont uricosuriques) et la goutte y est souvent secondaire à la prise de diurétiques ou à l'insuffisance rénale....
