Jean-Baptiste Arnoux
Les amino-acidopathies [1] sont des maladies héréditaires du métabolisme liées à un déficit enzymatique dans l'une des voies de transformation des acides aminés. La transmission génétique est majoritairement autosomique récessive, rarement liée à l'X (par exemple déficit en OTC). En effet, si les acides aminés ne sont pas utilisés par la synthèse protéique, ils sont transformés en d'autres composés. Chaque acide aminé a donc une ou plusieurs voies métaboliques de transformation/catabolisme conduisant à produire, selon l'acide aminé, du glucose, des substrats pour le cycle de Krebs ou le métabolisme énergétique (acétyl-CoA, succinyl-CoA, corps cétoniques, etc.), des hormones, des neurotransmetteurs, etc. Un déficit enzymatique sur l'une de ces voies de catabolisme conduit à l'accumulation anormale du substrat en amont du déficit enzymatique, et à une carence du substrat en aval.
La topologie des symptômes est extrêmement variée, dépendant à la fois de l'organe porteur du déficit (si l'expression du gène est tissu spécifique), mais également de la toxicité parfois organe spécifique du composé accumulé. Les symptômes peuvent ainsi être hépatiques (par exemple tyrosinémie type I dont l'enzyme est hépatique), neurologiques (par exemple phénylcétonurie alors que l'enzyme est hépatique ; déficit en tyrosine hydroxylase dont l'enzyme est neuronale), dermatologiques, ophtalmologiques, néphrologiques, rhumatologiques, etc....
