Les cancers de la cavité orale sont, dans 90 % des cas, des carcinomes épidermoïdes, développés aux dépens de la muqueuse. Les 10 % restants sont représentés par les « cancers rares », principalement des tumeurs des glandes salivaires accessoires et des sarcomes, ainsi que par des localisations d'hémopathies malignes.
Le principal facteur de risque connu de ces cancers est la consommation associée de tabac et d'alcool, dont l'action synergique multiplie par 13 le risque de développer une telle tumeur. L'évolution de l'épidémie tabagique dans les pays occidentaux explique la stagnation actuelle du taux d'incidence de la maladie chez les hommes et son augmentation chez les femmes. Cette maladie touche habituellement l'homme de 58 à 65 ans, alcoolo-tabagique (consommation de tabac ≥ 40 paquets-années [PA], alcool ≥ 40 g/j) [2]. Cependant, 15 à 20 % des patients sont non-fumeurs, non-buveurs, et se répartissent en deux populations : des patients de 30 ans, hommes ou femmes, présentant un cancer de la langue ou du plancher buccal, et des femmes âgées (80 ans et au-delà) porteuses de tumeurs gingivales. À l'heure actuelle, les facteurs de risque de ces cancers sont inconnus, et l'hypothèse d'un rôle du papillomavirus humain (HPV) (par analogie avec certains cancers de l'oropharynx) semble devoir être écartée [1].
