Elles se présentent sous différents aspects cliniques et n'ont le plus souvent aucun caractère spécifique pouvant les rattacher à une origine médicamenteuse [8]. L'interrogatoire, généralement compliqué ou imprécis, est pourtant essentiel afin de pouvoir faire le lien entre la prise médicamenteuse et la survenue des lésions buccales. Parfois, cette relation ne peut être clairement établie, en raison des polymédications fréquentes et surtout parce qu'il n'existe aucun marqueur biologique ou histologique pouvant prouver la responsabilité des produits suspectés. Seule la disparition des lésions après suppression du médicament ou du toxique peut a posteriori conforter ce diagnostic. L'« imputabilité » repose sur un faisceau d'arguments souvent difficile à réunir : délai d'apparition après la prise du médicament (quelques minutes pour une réaction de type anaphylactique à plusieurs semaines pour une réaction à type d'hypersensibilité), dernier médicament introduit, absence d'autre étiologie possible à l'effet observé, argument de « notoriété » pour certains médicaments (antibiotiques, anti-inflammatoires non stéroïdiens…) et enfin l'évolution favorable à l'arrêt du traitement. La réintroduction du produit serait l'argument formel, mais ne doit en aucun cas être effectuée. Les centres de pharmacovigilance peuvent être sollicités au moindre doute ; ils ont une fonction d'information et enregistrent toutes les données sur les effets secondaires des médicaments....
