Le rejet est une réaction immunologique déclenchée par l'introduction, dans un organisme receveur de cellules, de tissus ou d'organes provenant d'un organisme donneur différent, de la même espèce ou non. Cette terminologie a été utilisée historiquement à propos des greffes de peau entre des souris de lignée congéniques différentes. Cette réaction immunologique a de multiples traductions cliniques depuis la perte immédiate et définitive de l'organe transplanté dans le cas du rejet hyperaigu jusqu'à l'apparition dans les urines du receveur de biomarqueurs prédisant la survenue, quelques semaines plus tard, d'un événement clinique ! Les très nombreux progrès réalisés au cours de la dernière décennie permettent de proposer plusieurs classifications des rejets en fonction de la chronologie de survenue par rapport à la date de la transplantation, du retentissement fonctionnel sur l'organe transplanté (existence ou non d'une dysfonction rénale dans le cas présent), des méthodes utilisées pour poser le diagnostic (histologie conventionnelle, « microscopie moléculaire », biomarqueurs sanguins et/ou urinaires, etc.). Si les progrès ont été nombreux et significatifs en ce qui concerne le diagnostic du rejet, ce dont témoignent les modifications nombreuses et significatives de la classification de Banff, les conséquences en termes de prise en charge thérapeutique (à chaque type de rejet son traitement spécifique) sont encore imparfaites et constituent le défi des prochaines années pour améliorer le pronostic de la transplantation rénale.
