Le choléra se manifeste par une diarrhée sécrétoire aiguë susceptible d'entraîner une déshydratation extrêmement intense conduisant parfois au décès en quelques heures. Cette maladie associée aux conditions d'hygiène défectueuses reste d'actualité aujourd'hui.
Agent pathogène et physiopathologie de l'infection
Le genre Vibrio comporte différentes espèces de bacilles à Gram négatif incurvés de l'environnement. Les Vibrio ont une croissance optimale en milieu salin et on les retrouve dans les eaux des estuaires et du littoral, associés notamment au phyto- et zooplancton et aux coquillages. Ils se développent en eaux tièdes et leur nombre croît lorsque la température augmente. Les espèces V. vulnificus et V. parahæmolyticus que l'on trouve en France sont associées à des infections après une baignade ou la consommation de fruits de mer : diarrhées (probablement sous-estimées), surinfection de plaies ou plus rarement septicémies sur un terrain immunodéprimé.
L'espèce V. cholerae comporte plus de 200 sérogroupes différenciés par le caractère antigénique du lipopolysaccharide (LPS) membranaire (antigène O). Parmi ceux-ci, seuls les sérogroupes O1 (dont il existe plusieurs biovars et sérovars) et O139 sont responsables du choléra épidémique. En effet seuls ces sérogroupes ont été infectés par le bactériophage CTXφ, bactériophage dont le génome s'est inséré dans celui de la bactérie, apportant ainsi le gène de la toxine cholérique. Cette toxine est responsable de la diarrhée sécrétoire....
