La mélioïdose est une zoonose bactérienne endémique en Asie [9] et dans le nord de l’Australie [8], mais retrouvée aussi sur d’autres continents. Ainsi, des cas ont-ils été recensés en Afrique, dans le Pacifique et dans l’Océan Indien depuis 2004, surtout à Madagascar, puis dans d’autres iles de la région [4].
Une bactérie saprophyte
L’incidence de la mélioïdose dans le monde est estimée à environ 165 000 cas dont 89 000 évoluent vers le décès, mais ces chiffres sont très probablement sous-estimés [11]. La maladie est connue dans 45 pays et très probable dans 35 autres pays, en raison de la difficulté d’affirmer le diagnostic. Le germe responsable, Burkholderia pseudomallei, ou bacille de Whitmore, a été découvert en 1912 dans le pus d’abcès d’opiomanes décédés [10]. Cette bactérie, saprophyte, est présente dans les sols chauds et humides, où elle peut résister pendant plusieurs années. L’homme s’infeste par voie transcutanée (plaie cutanée au contact d’une eau contaminée), aérienne (inhalation d’air contaminé) ou encore digestive. Sa diffusion est favorisée par des phénomènes naturels (inondations, tsunamis…) [3]. De nombreuses espèces animales domestiques et sauvages peuvent être infectées et d’ailleurs ce germe a été introduit en France en 1975 par un panda offert par la Chine....
