L'avènement des trithérapies antirétrovirales a permis une diminution drastique de la survenue des infections opportunistes au cours de l'infection par le VIH. Ces infections opportunistes (IO) surviennent à présent lorsque l'infection VIH est prise en charge tardivement (IO inaugurales) ou chez des patients suivis (du moins dans le passé) mais en rupture de traitement. Plus rarement, il s'agit de patients en échec de prise en charge thérapeutique antirétrovirale et préventive des IO.
En 2018, en France, environ 1 700 personnes ont été diagnostiquées à un stade avancé de l'infection à VIH. Le nombre de diagnostics de sida est estimé à 1 205 personnes avec une majorité d'entre elles (63 %) qui ignoraient leur séropositivité. En 2018, les pathologies inaugurales de sida les plus fréquentes sont la pneumocystose (22 %), la candidose œsophagienne (8 %), la tuberculose pulmonaire (7 %), le Kaposi (7 %), la toxoplasmose cérébrale (7 %) et les lymphomes (7 %) [1]. La survenue des infections opportunistes est très liée à l'intensité du déficit immunitaire. Le degré d'immunodépression évalué par la numération des lymphocytes T CD4 conditionne donc le risque de survenue des différentes infections opportunistes. Il est habituel de déterminer un seuil de lymphocytes T (LT) CD4 circulants en dessous duquel une infection opportuniste est susceptible de survenir (Figure S32-P05-C04-1)....
