L’insuffisance rénale aigue (IRA) toxique est secondaire à l’exposition d’un patient à un toxique quel qu’en soit les modalités. Les toxiques les plus fréquemment incriminés sont les médicaments qui seraient responsables de 20% des IRA [1]. La démarche diagnostique est la même que pour toute IRA, cependant l’anamnèse est cruciale pour déterminer l’exposition et l’imputabilité intrinsèque/extrinsèque du toxique dans l’IRA. La biopsie rénale peut être indiquée. Le traitement comprend dans tous les cas l’arrêt de l’exposition au toxique (en pratique l’arrêt du médicament). La dialyse peut être envisagée dans ce contexte, soit comme un traitement de support, soit en cas d’intoxication symptomatique, pour épurer le toxique s'il est dialysable (non lié aux protéines, faible volume de distribution, élimination rénale majoritaire). Des traitements spécifiques peuvent être indiqués. L’IRA est réversible dans la majorité des cas mais peut évoluer vers une insuffisance rénale chronique (IRC) [1], [3].
Insuffisance rénale aigue toxique pré-rénale [3]
La responsabilité des médicaments dans l’IRA pré-rénale n’est pas chiffrée mais elle est non négligeable. Le débit sanguin rénal, c'est-à-dire le débit de filtration glomérulaire, dépend de la volémie et du tonus autorégulé des artérioles rénales. En cas de baisse, le débit est maintenu par la vasodilatation de l’artériole afférente et la vasoconstriction de l’artériole efférente....
