La méthémoglobine et la sulfhémoglobine sont des dérivés de l’hémoglobine impropres au transport de l’oxygène. C’est Félix Hoppe-Seyler qui décrira pour la première fois, en 1863, la sulfhémoglobine puis l’année suivante, en 1864, la méthémoglobine. Le premier cas humain de méthémoglobinémie toxique est publié en 1891. La sulfhémoglobine est toujours d’origine toxique, ce qui n’est pas le cas pour la méthémoglobine qui peut être d’origines génétiques, diététiques ou idiopathiques.
Rappel de physiologie
L’hémoglobine est un tétramère composé de quatre sous-unités dont chacune comporte un groupement prosthétique, l’hématine, et une chaine polypeptidique, la globine. Au niveau des érythroblastes, l’hémoglobine est synthétisée sous une forme oxydée. Le fer contenu dans le noyau porphyrine de l’hémoglobine est secondairement réduit à l’état ferreux par le système enzymatique. Le transport de l’oxygène dans l’organisme va dépendre du maintien de l’hémoglobine à cet état réduit. Ce fer peut être oxydé en fer ferrique à l’origine de la formation de méthémoglobine [1]. Cette oxydation représente une perte maximale de 4 électrons par molécule d’hémoglobine et la méthémoglobine formée, chargée positive, aura une plus forte affinité pour les molécules électriquement négatives telles que les cyanures (CN-), les fluorures (F-) ou les chlorures (Cl-). Cette méthémoglobine ne permet pas le transport de l’oxygène ou du dioxyde de carbone....
