Depuis une vingtaine d’années, la question de la toxicité des substances chimiques via une perturbation du système endocrinien suscite un intérêt croissant. Parler des perturbateurs endocriniens (noté ci-après « PE » À ce jour, très peu de substances chimiques sont considérées comme des PE avérés chez l’Homme; le DES en est un exemple malheureusement bien reconnu ; la plupart de substances citées dans ce chapitre doivent plutôt être considérées comme des PE potentiels ou suspectés mais, dans un souci de simplification éditoriale, l’abréviation « PE » sera également utilisée pour ces composés) aujourd’hui alors que tant d’articles, de revues, de rapports ont été publiés sur ce sujet depuis ces dernières années relève d’un exercice d’équilibriste si l’on veut éviter de tomber dans l’excès de certains défenseurs de l’approche environnementaliste qui considèrent que de nombreuses substances chimiques sont des PE à l’origine de diverses pathologies chez l’Homme et ceux qui, tout simplement, écartent la notion de PE et lui préfèrent celle de substances actives sur le système endocrinien. Cette dualité qui divise, non seulement la communauté scientifique, mais aussi les instances internationales d’expertise, et plus largement l’ensemble des partie prenantes (industrie, organisations non gouvernementales, instances politiques…), renseigne en elle-même sur le degré de complexité et d’incertitude qui entoure cette notion et ses conséquences pour la compréhension d’évènements de santé aujourd’hui encore largement inexpliqués....
