L’hémogramme est l’examen élémentaire permettant d’apprécier le fonctionnement normal ou anormal de l’hématopoïèse. Il quantifie les populations cellulaires du sang (hématies, leucocytes, plaquettes), la répartition des leucocytes (polynucléaires neutrophiles, éosinophiles, basophiles, lymphocytes, monocytes), et vérifie leur aspect normal ou pathologique à la recherche d’anomalies qualitatives (dysplasie) et/ou de cellules anormales.
Un hémogramme bien interprété fournit de nombreuses orientations diagnostiques s’étendant bien au-delà du cadre strict des maladies des organes hématopoïétiques [2, 17, 18].
Les automates d’hématologie ont remplacé depuis une cinquantaine d’années les techniques traditionnelles de numération des éléments figurés en cellule de Malassez, l’obtention de l’hématocrite par centrifugation, et l’établissement de la formule leucocytaire sur frottis examinés au microscope. L’examen d’un frottis de sang conserve néanmoins un intérêt majeur, car les automates, malgré leurs programmes intégrant des seuils d’alerte, sont peu performants pour la détection d’anomalies qualitatives, qu’elles concernent des désordres qualitatifs leucocytaires (dysplasie, blastes), érythrocytaires (schizocytes, ponctuations basophiles, hématozoaires et autres parasites sanguicoles) ou plaquettaires. En outre, le comptage par automate, quantitativement plus précis que le comptage optique au microscope, n’est toutefois pas exempt de pièges, notamment d’artefacts [23, 24]....
