Le terme épigénétique (« épi » signifiant « au-dessus ») a été inventé par Conrad Waddington en 1942 pour définir les processus faisant la transition entre l’information génétique, codée par l’ADN (le génotype) et les caractéristiques propres à l’individu adulte : le phénotype (épigénotype) [161]. L’épigénétique est définie comme l’ensemble des informations héritées par une cellule mais non codées par l’ADN. Il s’agit de comprendre notamment comment une cellule « souche » peut se différencier en des types cellulaires différents, ayant des profils d’expression génique, des morphologies et des fonctions différentes, tout en partageant la même information génétique.
La différenciation hématopoïétique est un modèle de choix pour étudier l’engagement du destin cellulaire. Les cellules souches hématopoïétiques (cellules souches hématopoïétiques) sont capables à la fois de s’auto-renouveler (donner une copie identique d’elle-même) et de s’engager dans un processus de différenciation pléiomorphe sous l’influence de facteurs intrinsèques (facteurs de transcription) ou extrinsèques, fournis notamment par le micro-environnement (cytokines, facteurs de croissance, oxygène, pH, contacts cellulaires). L’importance de l’épigénétique dans la différenciation hématopoïétique est corroborée par le fait que les facteurs épigénétiques font partie des facteurs les plus dérégulés et/ou mutés au cours de l’âge, ou dans les leucémies....
