L’étude d’un système complexe requiert des approches multidisciplinaires. Le vivant, le corps humain ou encore l’ensemble des cellules hématopoïétiques, constituent des exemples de systèmes complexes, c’est-à-dire faisant intervenir différents composants en interaction les uns avec les autres ou encore différentes échelles spatiales et temporelles. L’étude de plus en plus approfondie de l’hématopoïèse a notamment été possible grâce à l’interdisciplinarité entre biologistes, chimistes et physiciens. L’essor des techniques de cytométrie, couramment utilisées par exemple pour trier les cellules hématopoïétiques en différentes populations, illustre le lien entre la biologie (l’étude phénotypique des cellules), la chimie (la synthèse d’anticorps spécifiques de certaines protéines de surface) ou la physique (l’étude de la microfluidique ou encore des propriétés optiques). Ces liens étroits entre biologie, chimie et physique ont permis le développement de nombreuses techniques permettant d’observer de plus en plus précisément la cellule jusqu’à ses constituants élémentaires. Tous ces développements ont conduit à l’accumulation de données hétérogènes et en grande dimension (comme l’expression des gènes à l’échelle unicellulaire, par exemple) nécessitant, pour leur traitement et leur analyse, le recours à une quatrième discipline : les mathématiques....
