Généralités
Décrit par Paul Ehrlich en 1879, le polynucléaire éosinophile est une cellule issue de la lignée myéloïde facilement reconnue à l’examen cytologique par l’affinité de ses granules cytoplasmiques pour les colorants acides, comme l’éosine qui lui confère un aspect rouge-orangé, rappelant la couleur du ciel au lever du soleil (Eos, dans la mythologie grecque est la déesse de l’aurore). L’éosinophile est classiquement représenté comme une cellule en charge de la défense antiparasitaire, notamment vis-à-vis des helminthiases, et associée aux maladies allergiques comme l’asthme. Cette perception classique s’explique par la fréquence de l’hyperéosinophilie sanguine et tissulaire dans ces situations d’infections parasitaires ou de maladies allergiques, et sur la présence, au sein des tissus inflammatoires, des protéines cationiques contenues dans les granules spécifiques de l’éosinophile. Ces protéines cationiques sont les isoformes MBP-1 et MBP-2 (major basic protein), l’EPX (eosinophilic peroxydase, parfois dénommée EPO), et deux ribonucléases : l’ECP (eosinophilic cationic protein) et l’EDN (eosinophil-derived neurotoxin). La MBP-2 est la plus spécifique des protéines cationiques de l’éosinophile, alors que l’ECP peut être également produite par les neutrophiles, la MBP-1 par les basophiles, l’EDN par les cellules mononucléées et les neutrophiles [12, 34].
La vision du rôle de l’éosinophile a évolué ces dernières années....
