La différenciation de la lignée lymphoïde B à partir des cellules souches hématopoïétiques suit une série de paliers. La lymphopoïèse précoce, centrale et indépendante des antigènes (Ag) exogènes, aboutit à des cellules matures qui sont dites naïves et rejoignent les organes lymphoïdes périphériques et la circulation. Partant de ce stade intermédiaire de développement, peuvent alors s’engager différentes voies périphériques de différenciation, dépendantes des antigènes rencontrés et du contexte de ces rencontres. La nature de l’activation des cellules B antigènes-spécifiques pourra ainsi notamment moduler leur fonction, leur longévité (pouvant mener à des cellules mémoires, à longue durée de vie) et la structure fine des immunoglobulines produites. Elle ouvrira aussi à ces cellules la possibilité de perdre l’identité lymphocytaire pour évoluer en plasmoblastes (ou « plasmablastes ») puis atteindre le stade ultime de plasmocytes, dont la fonction essentielle est la sécrétion d’immunoglobulines (et accessoirement de cytokines). Outre ce schéma classique de la différenciation B, différentes sous-populations B sont décrites et caractérisées d’une part selon leurs fonctions ou localisations spécifiques, et d’autre part selon le répertoire des antigènes qu’elles reconnaissent (T-dépendants, T-indépendants, auto-antigènes…). Comme les cellules T, mais avec plus de plasticité fonctionnelle, les cellules B sont donc considérées aujourd’hui comme intégrant un éventail de statuts ou sous-populations dotés chacun de rôles spécifiques en physiologie et d’implications en pathologie....
