Origine et découverte du système du complément
Le système du complément est l’un des systèmes de défense contre les infections les plus conservés au cours de l’évolution, dont les fonctions ont évolué et se sont diversifiées depuis plus de 650 millions d’années [72]. Sa découverte est attribuée au Docteur Jules Bordet [1870-1961] à la fin du 19e siècle. Travaillant à l’Institut Pasteur dans l’équipe du Professeur Elie Metchnikoff, il mit en évidence la présence dans le sérum d’un composant thermolabile nécessaire à la lyse des bactéries. Pour le démontrer, il réalisa une série d’expériences. Dans la première, il montra que la mise en contact d’un sérum d’animal préalablement immunisé contre le Vibrio Cholerae avec cette même bactérie induisait la bactériolyse. Dans une seconde expérience, en chauffant le sérum, il observa la disparition de la lyse bactérienne, prouvant l’existence d’un composant thermolabile présent dans le sérum et nécessaire à la bactériolyse. Dans une troisième expérience, il mit de nouveau la bactérie en présence d’un sérum préalablement immunisé puis chauffé, puis ajouta un sérum frais non immunisé contre la bactérie. Il observa alors une réapparition de l’activité bactériolytique, démontrant que ce composant n’était pas spécifique de la bactérie. Jules Bordet venait ainsi de prouver l’existence d’un facteur thermolabile non spécifique de la cible, nécessaire à la lyse des bactéries par les anticorps, qu’il nommera « alexine », du grec « repousser, écarter », et pour laquelle il reçut le prix Nobel de physiologie et médecine en 1919....
