Les antigènes de groupes sanguins représentent des ensembles de variations du polymorphisme génétique dans l’espèce humaine, exprimés sur les membranes cellulaires et codés par des gènes ségrégant indépendamment lors de la méiose (Charles Salmon).
Un groupe érythrocytaire est identifiable et défini par l’agglutination des hématies de sujets testées en présence d’un anticorps d’allo-immunisation ou dépendant d’une stimulation antigénique quelle qu’en soit la nature (anticorps « naturels »). Ainsi, tous les antigènes de groupes sanguins chez l’homme ont été découverts et validés à la suite de la description d’un anticorps allogénique. En 1900, Karl Landsteiner observe que les globules rouges de certains individus sont agglutinés par le sérum de certains autres ; il découvre ainsi les antigènes A et B et leurs anticorps respectifs. Cette découverte du système ABO est la date de naissance de l’immunogénicité et du polymorphisme génétique des globules rouges [81]. La réalisation du groupage ABO dans le cadre de la recherche de donneurs compatibles fut instaurée à partir de 1911 par Ottenberg, permettant une réduction très importante des décès liés à la pratique transfusionnelle [106]....
