Les hémoglobines anormales sont le produit de mutations d’un gène de globine changeant la traduction d’un ou de plusieurs triplets de la séquence codante. Elles se traduisent par la synthèse d’une chaîne de globine de structure altérée. Ce défaut qualitatif les différencie du défaut quantitatif observé dans les thalassémies, où la synthèse d’une ou de plusieurs chaînes de globine est diminuée ou abolie. Comme dans le cas des thalassémies, certaines de ces hémoglobines ont été sélectionnées pour un rôle protecteur contre le paludisme chez les porteurs hétérozygotes et, de ce fait, leur prévalence est accrue dans les zones d’endémie palustre. D’autres, extrêmement rares, peuvent être regroupées selon le trouble fonctionnel principal que la mutation induit. Les conséquences cliniques sont très variables, allant d’un simple polymorphisme sans conséquence fonctionnelle et parfaitement bien toléré à des désordres hématologiques sévères.
Tout variant de l’hémoglobine doit être caractérisé en se posant les questions suivantes : sa mutation comporte-t-elle un trouble quantitatif de synthèse ? A-t-elle une fonction de transport gazeux (O2-CO2-CO-NO-SH2) anormale ? Induit-elle une tendance accrue aux oxydations ou une instabilité moléculaire susceptible de provoquer une hémolyse pathologique ? A-t-elle en combinaison avec le trait S un effet sur la falciformation ? A-t-elle une modalité d’expression génétique particulière (récessivité ; synergie ou modulation possible avec d’autres anomalies érythrocytaires ; mutation somatique) ?...
