L’hémolyse immunologique induite par les médicaments, antérieurement connue sous le nom d’hémolyse immuno-allergique résulte de mécanismes associant un ou plusieurs effecteurs immunologiques chez des sujets sensibles. Ces mécanismes sont bien distincts des mécanismes impliqués dans l’allergie. Le cas princeps d’hémolyse immunologique induite par les médicaments est identifié en 1954 : un patient développe une hémolyse aiguë intravasculaire lors d’un traitement par un sel d’antimoine (Stibophène®) pour une schistosomiase, traitement qu’il avait déjà reçu dix ans auparavant. Le test direct à l’antiglobuline (test de Coombs) est positif, et un anticorps particulier est décelé dans son sérum par un test indirect à l’antiglobuline positif en présence du médicament mais négatif en son absence [14].
Ces accidents doivent être distingués des hémolyses médicamenteuses liées à un processus d’auto-immunisation, sachant que les deux processus peuvent coexister chez le même patient lors d’un même épisode [12]. L’incidence des anémies hémolytiques acquises varie entre 1/38 000 à 1/80 000 par an, dont 12 à 18 % seraient des anémies hémolytiques immunologiques médicamenteuses [12]. C’est donc une complication des traitements médicamenteux, plus rare que les autres cytopénies immunologiques induites par les médicaments (thrombopénie et neutropénie), dont l’incidence est estimée à 1/1 000 000 par an [8].
Mécanismes impliqués
Mécanismes immuns
L’accident d’hémolyse résulte d’une immunisation induite par un médicament qui déclenche l’apparition d’anticorps chez les sujets sensibles....
