Les anémies hémolytiques produites par des substances étrangères à l’organisme ne se distinguent guère, dans leurs manifestations, de celles qui ont d’autres causes : comme les autres, ce sont des anémies régénératives (réticulocytose), avec une hyperbilirubinémie et une chute de la concentration sérique d’haptoglobine ; une cyanose traduisant une sulfhémoglobinémie ou, plus souvent, une méthémoglobinémie concomitante est parfois notée, à l’occasion des épisodes aigus, lorsque l’hémolyse est imputable à un agent oxydant. Une hémolyse peut être associée à la coagulation intravasculaire disséminée susceptible de compliquer de nombreuses intoxications sévères. Elle résulte alors des dépôts de fibrine dans les microvaisseaux. Cette microangiopathie est secondairement responsable de la fragmentation des hématies [2, 14].
Diverses autres manifestations, variables en fonction de l’agent responsable, peuvent être associées à l’hémolyse ; elles orientent le diagnostic causal. Le traitement des anémies hémolytiques dues à des xénobiotiques est symptomatique. L’important est d’en identifier rapidement la cause pour pouvoir l’éradiquer. Le traitement de la méthémoglobinémie parfois associée à l’hémolyse nécessite des mesures spécifiques.
En première intention, on peut classer les anémies hémolytiques induites par des xénobiotiques en deux grandes catégories, selon leur mécanisme : celles qui sont de mécanisme immunologique et celles qui ne le sont pas. Les hémolyses de mécanisme immunologique font l’objet d’un chapitre spécifique (voir anémies hémolytiques immuno-allergiques)....
