L’agranulocytose aiguë est un phénomène accidentel et temporaire marqué par la destruction des neutrophiles sanguins par un mécanisme immunologique ou toxique dépendant d’un facteur déclenchant, généralement mais non exclusivement médicamenteux. Cet accident doit être distingué des neutropénies liées à une toxicité médicamenteuses prévisible (notamment lors de chimiothérapies antinéoplasiques), ou des phénomènes aigus et transitoires de margination/diapédèse des neutrophiles observés au décours d’une hémodialyse [5, 29], lors d’un TRALI (transfusion-related acute lung injury) [30], d’un traitement par amphotéricine b [8], de sepsis graves [4, 7, 24] ou d’infections plus banales chez l’enfant [1].
Mécanismes
Les phénomènes d’idiosyncrasie aboutissant à la destruction de la lignée cellulaire sont encore incomplètement élucidés [23]. Deux types de mécanismes sont généralement invoqués, parfois démontrés. Le premier est dit immuno-allergique, exprimant par ce terme la nature du mécanisme effecteur (immunologique) et sa mise en jeu restreinte à des sujets sensibles (allergie). Le second est dit toxique, le médicament déclenchant une cytotoxicité et une apoptose par le biais de produits d’oxydation cellulaire. La distinction de ces mécanismes n’est toutefois pas toujours claire et l’agranulocytose peut dépendre de facteurs intriqués [35].
Mécanisme immuno-allergique
Le modèle le plus classique fait intervenir une sensibilisation en deux étapes....
