Polynucléose neutrophile
La limite supérieure normale des polynucléaires neutrophiles est de 7 000/μL chez l’adulte, 8 500/μL chez l’enfant. Elle peut atteindre 25 000/μL pendant quelques heures chez le nouveau-né. Il existe un compartiment de neutrophiles médullaires très rapidement mobilisables, que l’on peut apprécier grossièrement par l’aspect de segmentation rudimentaire de leur noyau (les « band forms » constituent un aspect intermédiaire entre métamyélocytes et polynucléaires neutrophiles). Une neutrophilie factice peut être observée en cas de cryoglobulinémie [27], d’intoxication par le chlorate de sodium [13].
Symptômes spécifiques
Une polynucléose neutrophile n’a en elle-même aucun retentissement clinique, même lorsqu’elle atteint des valeurs considérables (> 100 000/μL). Dans ces cas, il est possible de déceler de très discrètes modifications portant par exemple sur les échanges gazeux (mesurés par des méthodes sensibles comme la différence alvéolo-artérielle du CO), mais qui ne peut constituer un authentique syndrome de leucostase. En revanche, une neutrophilie importante peut être à l’origine d’artefacts biologiques trompeurs, notamment d’une fausse hypoxémie par consommation d’oxygène in vitro, dans la seringue de prélèvement ; cet artefact est prévenu par le prélèvement du sang dans une seringue maintenue à 4 °C jusqu’à la mesure tonométrique.
Le rôle direct des neutrophiles dans la constitution des lésions du syndrome de Sweet est discuté [6]....
